Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754–1838), prince de Bénévent, duc de Dino et de Valençay, est l’une des figures les plus influentes de l’histoire diplomatique française. Né à Paris dans une famille aristocratique du Périgord, il embrasse la carrière ecclésiastique par obligation — boiteux de naissance, il ne peut prétendre aux armes — et devient évêque d’Autun en 1788 avant de se séculariser.
Son génie diplomatique s’exerce sous quatre régimes : la Révolution, le Consulat et l’Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet. Ministre des Relations extérieures de Napoléon de 1799 à 1807, il négocie la paix d’Amiens puis rompt avec l’Empereur qu’il juge trop ambitieux. En 1814, il orchestre le retour des Bourbons et, au Congrès de Vienne, sauve la France du démembrement en jouant les alliés les uns contre les autres. Président du Conseil en 1815, ambassadeur à Londres de 1830 à 1834, il scelle l’alliance franco-britannique qui fonde la diplomatie européenne du XIXe siècle.
En 1803, Talleyrand acquiert le château de Valençay, qu’il transforme en lieu de pouvoir et de réception. Il y reçoit diplomates étrangers, artistes et souverains — dont le tsar Alexandre Ier en 1815. Le château, aujourd’hui labellisé Maison des Illustres, conserve le mobilier et les souvenirs du prince. Sa chapelle funéraire, le tombeau de Talleyrand, se dresse dans le parc et est ouverte à la visite.